Denis Felix





 

 

 "Mon propos est de mettre en lumière le temps de la tradition et du passé qui s’exprime sur les hommes. Cette quête dirige mon objectif vers les milieux ruraux, traditionnels encore marqués par leur environnement. Dans les campagnes françaises, l’Afrique, l’Inde, le Guatémala, la Chine ou encore l’Irlande, je tente de retrouver certains types de regards, d’hommes condamnés dans le temps. Alors que ces pans de l’humanité s’évanouissent, je n’ai de cesse, avec une curiosité à la fois crue et amoureuse, de capturer cette vie inscrite dans les visages par un rapport particulier de l’homme à la nature.

La rencontre est privilégiée, et quand certains acceptent de poser pour une ultime prise de vue, les photos sont développées sur place et chacun se voit offrir un tirage.

Toujours sensible aux histoires écrites dans les plis des visages, des yeux, des mains, je tente de peindre en noir et en blanc "l’essentiel et le non-dit".

Ce projet entamé depuis plus de 17 ans, "Au Fil de l’Homme", consiste à parcourir le monde à la recherche de regards, ceux des hommes et des femmes que la civilisation moderne regarde disparaître."


« Au Fil de l’Homme » est le fruit d’une prise de conscience progressive du photographe Denis FELIX, acquise au fil de ces 17 dernières années lors de nombreux voyages autour du monde.

Au fur et à mesure, un message se développe et prend corps, qui relie entre elles ces expériences pourtant diverses ; il se rend alors compte que son regard reflète une intuition profonde sur l’Histoire et la Nature de l’Homme et sur la Relation de l’Homme avec la Nature. Sans alors le savoir, il travaille déjà sur ce que d’autres appellent « l’Ecologie Humaine » – ajoutant encore une dimension à cette approche pluridisciplinaire : celle de l’image.

« Au Fil de l’Homme » marque, définitivement, ce passage de l’intuition à la prise de conscience.

Au travers de ce projet entamé depuis 1993, le photographe tisse des liens entre les Hommes, dans l’espace et dans le temps.

Il constate, au-delà des frontières, la frappante similitude de ses sujets avec les matières dont ils se drapent, sur lesquelles ils marchent, qui les entourent. Ce sont les mêmes couleurs, les mêmes matières, les mêmes rides. Leur imprégnation avec la nature environnante se révèle.

Conscient par ailleurs de la disparition progressive de savoir-faire et « savoir-être » locaux, il valorise, au travers de ses photos, les sagesses ancestrales, effectuant ainsi une sorte de « recensement » de ces peuples et de ces cultures qui font partie intégrante de la « mémoire de l’Homme », de notre Histoire.

Il cherche ainsi à communiquer la richesse de ces cultures locales, afin qu’elles soient intégrées, de façon active, dans la construction de l’identité Humaine.

Ses images transmettent l’urgence de rapprocher les cultures et les Hommes, en faisant la synthèse de la diversité humaine, communicant au monde ce qui les unit, leur identité commune.

Il redonne, en définitive, une dimension humaine aux discours du développement durable.