Gaïa

Khaos . Space for poetry   Evènement artistique – Exposition – 15 artistes

Visite tous les jours sur RDV jusqu’au 12 Février 2020

(4X5 camera  –  Large format negative film)

En / Fr

Denis Felix deploys foliage and prints with Gaïa, a collection of photographs taken with a view camera. Gaïa’s transcontinental canopy plunges its roots into the notion of fragment. Through his lens, Denis Felix subdivides matter and etches it on paper. The fragment is the guiding thread, the sap of his work: he is a tireless seeker of fragments of luminous discourse. Multiple universes and quantic worlds have pursued him since his childhood, in the manner of this Gaïa series where he multiplies and diffracts photographs from the primeval forests of Yunnan and Brazil. Capturing a mental space more than an optical phenomenon, his vegetal cathedrals are remixed and fragmented, from root to crown, and deep into their foliage.

Gaïa, the Earth, mother-goddess, the oldest goddess of Greek mythology, mysteriously born from Chaos. Where are we in these inextricable nexus of branches? In a terrestrial nurturing Eden? Or in an colorful, oneiric jungle, peopled by nymphs, where bold beasts lie in wait? Does the shadow of a hidden danger lurk there? Are we on a land of refuge for the survivors of a humanity that, having exhausted its ecumene, is pushing it into a Terra Incognita?

At first glance, Denis Felix’s work invites us to reflect on ecosystems, the place of humans in the living world, climate change, the migrations it generates and the disappearance of indigenous cultures – all major issues of the 21st century. However, another more intimate level of reading grips the viewer who surrenders to the contemplation of this “sylvigraphy” and plunges into the heart of an infinite, fragmented, unfathomable work.

Like hypnosis, which allows the subject to fall gently into an altered state of consciousness, Gaïa opens another door of perception, to a game of marelle[1]where heaven and earth are mixed, the Uranian and Chtonian worlds are intertwined, and horizontality and verticality merge: an ascent to the roots of the sky or a plunge to subterranean heavens?

Through his work, Denis Felix embarks on a journey of initiation. He sheds some light on a dimension of consciousness that resists full intellectual understanding. The artist challenges us to go beyond the limits of what is known, to take an intuitive and myriad path, and to be a part of the universe: with no beginning and no end. So, is it the tree that hides the forest or is it the tree that reveals the forest?

“Art does not reproduce the visible; rather it renders visible” – Paul Klee

Laure Vernhes

[1] In marelle, the French version of hopscotch, the space below the 1 is Earth and at the top is Heaven.

Translation by Gila Walker

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Denis Felix déploie ramages et tirages avec Gaïa, recueil de photographies plasticiennes sylvestres réalisées à la chambre. Sa canopée transcontinentale plonge ses racines dans la notion de fragment. A travers son objectif, Denis Felix lotit la matière et la grave sur la feuille.

Le fragment est le fil conducteur, la sève de son travail, il est un infatigable chercheur de fragments du discours lumineux. Univers multiples et mondes quantiques le poursuivent depuis l’enfance, à l’instar de cette série Gaïa dans laquelle il démultiplie et difracte des arbres photographiés dans les forêts primaires du Yunnan et du Brésil. Capturant un champ mental plus qu’un phénomène d’optique, ses cathédrales végétales sont remixées, fragmentées, de racines en houppiers et jusque dans leurs frondaisons.

Gaïa, la Terre, la plus ancienne divinité de la mythologie grecque, la déesse-mère mystérieusement née du Chaos. Dans ces branchages inextricables, où sommes-nous ? Dans un Eden terrestre, nourricier ? Ou bien dans une jungle onirique bigarrée peuplée de nymphes, où guettent des fauves hardis ? L’ombre d’un danger plus sourdplane-t-elle ? Sommes-nous sur une terre de refuge pour les survivants d’une humanité qui aurait épuisé son écoumène, la poussant en Terra Incognita ?

De prime abord le travail de Denis Felix invite à la réflexion sur les écosystèmes en péril, la place de l’Homme dans le monde vivant, le dérèglement climatique et les migrations qu’il engendre et la disparition de cultures autochtones, des questions majeures du XXIème siècle.

Cependant, une autre dimension de lecture, plus intime, happe le regardeur qui s’abandonne à la contemplation de cette « sylvigraphie » et s’immerge au cœur de l’œuvre insondable, fragmentée et infinie au demeurant. Telle l’hypnose qui permet de basculer doucement dans un état modifié de conscience, Gaïa ouvre une autre porte de la perception, vers une marelle où ciel et terre se mêlent, où mondes ouraniens et chtoniens s’imbriquent, où horizontalité et verticalité se confondent : ascension vers les racines du ciel ou plongée vers les nues souterraines ?

Par ses recherches Denis Felix entreprend un voyage initiatique. Il lève un coin du voile sur un champ de conscience qui résiste à une compréhension toute intellectuelle. L’artiste lance un défi : dépasser la limite du connu, emprunter un chemin intuitif et multiple, être une partie de l’univers : sans commencement et sans fin. Alors … est-ce l’arbre qui cache la forêt ou bien l’arbre qui révèle la forêt ?

L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. Paul Klee

Laure Vernhes

Project Team & Skills

Linhof Master Technika Classic 4X5 camera & 4X5 negative films

Assistant Thomas Balaÿ

Journeys from 2009 to 2012