Intus Memori

(4X5 & 5X7 camera  –  Large format negative film & dry plates)   Platinum Palladium prints done by the artist / Exhibition Galerie Parallax  –  Aix en Provence  –  Ending June 2020

Exhibition untill end of June 2020     galerieparallax.fr

Press Release

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I remember Brazil, a little girl with long hair, with eyes so deep, I remember an aberration on the negative, I remember the forest of Venasque, I remember my fingerprint on a glass plate. Just as Georges Pérec manipulates the literary fragment, so Denis Felix pursues his search for the luminous fragment.

With the Intus Memori series, he once again sets up his view camera and lifts the mnemonic veil: thirty years of his own works revisited in the light of his intuition, fed by the flow of his current research, using the platinum/palladium printing process on watercolor paper. Shooting with a view camera affords an intimate approach to the subject before capturing it in a single click to yield thereafter a rendering of unparalleled textures and relief. As for the platinum/palladium printing, it provides the image with smoothness and depth.

The lid of Pandora’s box is raised: the artist revisits his photographic vestiary, cutting up and scraping a past that lay peacefully etched on glass plates, Polaroids or negatives and assembling it with his current creative work. He uncovers layers and shards of his submerged worlds, trace fossils, bits of lights, colonnades or sarcophagi, memorial cenotes.

Impossible now to meet the gaze of the portrayed. Pupils deliberately obstructed, they keep their eyes wide shut. This de-faced and fragmented aesthetic, the mise en abyme of the dramaturgical apparatus of frames within the frame tends to a mystical geometry. Eager to meet their gaze, the beholder scrutinizes the bracketed, vegetalized faces, stunned by the light that emanates from them. The gazes hostage in their rigid frames have the hieratic power and aura of medieval stained glass windows where human, animal and vegetal kingdoms mingle with the breath of the divine.

Light streams through the stained-glass and the viewers, plunged into contemplation of the photographic image, lost inside the meanders and lianas of multiple, diffracted worlds, taste the infinity of possibilities and wonder: who are you, behind this veil? With the persistent ocular silence inviting introspection, they turn inward and perceive the swirls of the soul and the possible paths to take, whereupon the questioning shifts to where am I?

And they emerge from the labyrinth, strengthened by this initiatory journey from darkness to light, moved by the intimate cosmogony of Denis Felix.

Laure Vernhes for Denis Felix, 2020

Translation by Gila Walker

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Je me souviens le Brésil, une fillette aux longs cheveux, aux yeux si profonds, je me souviens une aberration sur le négatif, je me souviens la forêt de Venasque, je me souviens mon empreinte digitale sur la plaque de verre. Si Georges Pérec manipule le fragment littéraire, Denis Felix poursuit lui sa recherche du fragment lumineux.

Avec la série Intus Memori il campe à nouveau sa chambre photographique et soulève le voile mnésique : trente années de ses propres œuvres revisitées à la lueur de son intuition, nourries par le flux de ses recherches actuelles et tirées sur un papier aquarelle selon le procédé platine-palladium. La prise de vue à la chambre lui permet une approche intime avec le sujet avant de le capturer en un déclic unique pour ensuite offrir un rendu aux textures et au relief inégalés. Quant au tirage platine-palladium il apporte velouté et profondeur à l’image.

Le couvercle de la boîte de Pandore est soulevé : l’artiste revisite son vestiaire photographique, il découpe, égratigne un passé qui reposait paisiblement gravé sur plaques de verre, polaroids ou négatifs et l’assemble avec ses chantiers créatifs en cours. Il met au jour strates et tessons de ses mondes engloutis, empreintes fossiles, bribes de lumière, colonnades ou sarcophages, cénotes mémoriels.

Impossible désormais de croiser le regard de ses portraiturés. Pupilles sciemment entravées, ils conservent les yeux grands fermés.
Cette esthétique dé-visagée et fragmentée, la mise en abyme du dispositif dramaturgique des cadres dans le cadre tend vers une géométrie mystique. Avide de croiser leur regard, le visiteur scrute les visages sertis et végétalisés, sidéré par la lumière qui en émane. Les regards otages entre leurs châsses ont la puissance hiératique et l’aura des vitraux médiévaux où se mêlent les règnes humain, animal et végétal au souffle divin.

La lumière traverse le vitrail et le regardeur s’engouffre dans la contemplation de l’image photographique, le voilà qui s’abîme dans les méandres et les lianes des mondes diffractés et multiples, il goûte l’infini des possibles, et interroge : qui es-tu, toi, derrière ce voile ? Le silence oculaire persistant l’invite à l’introspection, il se tourne alors vers l’intérieur où il perçoit les volutes de son âme et les sentes possibles à emprunter, et le questionnement glisse alors vers qui suis-je ?

Et il ressort du labyrinthe, fort de cette traversée initiatique de l’ombre vers la lumière, mû par la cosmogonie intime de Denis Félix.

Laures Vernhes pour Denis Félix, 2020